Fin de journée laborieuse

D’avoir lu et scruté, scripté et parcouru des pages
Comme une marguerite qui s’effeuille
J’en ai le cerveau torturé en plein labourage
Pardon, n’y plantez aucune graine,
en jachère j’ai laissé le fauteuil
Ah, si mon Bien-aimé pouvait m’ouvrir les bras,
Je poserai ma tête sur son épaule, mon oreiller,
Son parfum me serait un édredon moelleux
et sa poitrine un doux matelas
Fatiguée, esprit lessivé et dos compoté,
il est pour moi l’espéré
Mes pieds me portent encore alors je fais le choix,
À l’heure où fuit le jour,
de goûter le repos en prenant un taxi
Espoir d’un moment de solitude,
désir d’être vite chez soi
Là, je m’abandonne, je m’évapore et je tombe.
Fin des praxies!
Le maître des lieux, de sa main,
actionne son compagnon de labeur,
Et le grésillement des ondes perfore mes tympans.
Déchirant le voile du repos qui m’enlaçait,
oh quelle douleur!
Effroi et désarroi quand l’agonie du silence
me jette dans un gouffre béant.
Alors mon âme, si seule, se retrouve propulsé,
Au cœur d’une assemblée fantomatique
et radiophonique,
Agonisante sous les coups de butoir d’une parole prophétique pulsée,
Scandant des «Amens!»
comme une volée de gifles
à des « tu iras en enfer » pathétiques.
Ainsi donc Dieu n’aime plus le pêcheur?
La sentence est terrible!
Et Monsieur d’augmenter le son offenseur
Peut-être a-t-il l’onction qui dévoile
et qui convertit, me prenant pour cible
Pour sûr, travailler comme je le fais,
toujours sur la corde,
Je dois en être délivré, mais pas ce soir!
Moi j’ai mal à la tête
et mon Dieu est miséricorde,
Alors l’enfer et ses apôtres,
bien le bonsoir!
Monsieur? Éteignez la radio!

 
Lien à la traduction italienne

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